Les motivations

En juillet de cette année-là, la première promotion de l’après-guerre termine ses études. Et comme pour marquer leur dette vis-à-vis des Normaliens tombés au Front, leurs cadets poursuivent le tour de la Normandie (où ils notent les manifestations de la “grandeur” de la France) par une boucle sur le Front de la Somme en 1918.

1920 - la Mer et l’ancien Front de Guerre

    Leurs textes et leurs images sont marqués par le ressentiment, contre les Allemands (les “Boches”, la “bête teutonique”), les Alliés aussi, et les lenteurs de la reconstruction.

    La qualité et la précision de certains textes et des illustrations sont étonnantes, avec une exigence dans le commentaire de leurs professeurs, dont on devine la recherche toute pédagogique d’une perfection extrême.

    L’ouvrage, composé au retour du voyage, comporte 459 pages (format 17x23cm), chaque normalien ayant eu à en rédiger un aspect.

Des possibilités du numérique


    C’est sans doute par la rencontre des “carnets de voyages” avec le numérique que le travail des Normaliens prend, a posteriori, tout son sens !

    En effet, pourquoi relater un voyage dans le détail, avec force documents personnels, porteurs de tant de minutie, d’émotion et de talent, du désir de les faire partager également, si c’est pour que tout cela repose au fin fond d’un rangement oublié ?
    Ici, le voyage, avec ses découvertes accumulées et le choix étudié des sites, est l’occasion d’un exercice de style oscillant constamment entre annotations précises, lyrisme et jugements définitifs, péremptoires parfois ... sévèrement repris en marge par un correcteur vigilant.
    D’autre part, certains documents, comme les photographies “Rochers”, “Remparts” et “Pilastres” étaient illisibles et semblaient perdus. Un bon traitement par le logiciel adéquat a permis de leur redonner de la vigueur ... qui manquait aux yeux mêmes du correcteur de l’époque.